A l’aube du XXe siècle, Freud ouvre une nouvelle discipline qui va révolutionner l’approche du psychisme à travers le monde. C’est en étudiant les processus psychiques inconscients que celui-ci développe et structure progressivement la psychanalyse.



Freud et ses débuts à la Salpêtrière

A la fin du XIXe, Freud vient se former en France aux côtés du Professeur Charcot. Ce dernier prend en charge des patients hystériques dans un service de la Salpêtrière, patients qui jusque-là étaient tenus à l’écart de toute considération médicale. Ensemble, les deux hommes travaillent à ce que l’hystérie, alors perçue comme un simulacre, soit reconnue comme une véritable pathologie. Cette évolution permet dès lors que ce trouble, jusqu’alors non traité, puisse être pris en charge, dans le but d’apaiser les souffrances de ces patients.
C’est à partir de ce travail clinique que Freud commence à développer la psychanalyse.



Derrière les symptômes hystériques, des traumas psychiques plus anciens

Avec Charcot, Freud soutient l’hypothèse que les symptômes hystériques ont une causalité psychique. Pour lui, l’hystérie trouve son origine dans des expériences psychiques traumatiques de l’enfance qui, n’ayant pu à l’époque trouver une voie d’expression, sont restés actifs des années après.
Ces traumas psychiques prennent racine dans des représentations psychiques désagréables qui, insupportables au moi, sont rejetées par lui hors de la conscience. C’est ce que Freud appelle refoulement.
Les affects pénibles rattachés à ces représentations sont déliés desdites représentations. Ils produisent alors un surcroît d’excitation qui, afin d’être déchargé, génère du symptôme.



L’évolution technique : de l’hypnose à la libre association

A la fin du XIXe siècle, l’hypnose est encore la technique d’investigation privilégiée. Freud la pratique lui-même pour accéder aux contenus psychiques refoulés pouvant être mis en lien avec les symptômes hystériques de ses patientes. Pourtant, plusieurs échecs cliniques le poussent à abandonner cette technique. Et c’est l’une de ses patientes, Emmy von N., qui le met sur la voie de l’association libre, technique toujours actuelle en psychanalyse, permettant d’accéder aux contenus psychiques refoulés.

C’est dans ce dispositif particulier que le patient prend l’habitude de parler ses pensées sans les juger ni les sélectionner. En remontant le fil de ses associations, il accède progressivement à ses souvenirs pénibles de l’enfance qui, non traités, se manifestent sous forme de symptômes.
C’est également à partir de cette époque que les patients sont invités à s’allonger sur le divan, afin de faciliter la libre association des pensées.



Freud remarque rapidement que certains patients freinent la progression thérapeutique de leur cure en n’associant pas librement. Il propose alors le terme de résistance pour nommer cette difficulté, plus ou moins consciente, que certains patients ont à renoncer à leurs symptômes.



La psychanalyse après Freud

Le travail de Freud (1856-1939) sera poursuivi par différents psychanalystes, dont l’une des figures importantes est Jacques Lacan (1901-1981).
Ce dernier a proposé une relecture rigoureuse de l’œuvre de Freud ainsi que des évolutions conceptuelles et cliniques, qui ont largement contribué à maintenir la psychanalyse actuelle.