Distinction entre hypocondrie et nosophobie

L’hypocondriaque est une personne qui est sûre d’être malade, quels que soient les résultats médicaux des examens qu’il réalise.
L’hypocondrie est à distinguer de la nosophobie, dans laquelle la personne sait qu’elle n’est pas malade mais qui a peur de l’être et qui, par conséquent, adopte des conduites d’évitements dans le but de ne pas contracter de maladies. Dans le cas de la nosophobie, il n’est pas rare que l’attention se porte sur une partie de corps en particulier ou une maladie bien précise.


Hypocondrie : causes réelles ou imaginaires ?

Le plus souvent, l’hypocondrie prend appui sur des symptômes réels mais minimes tels que des crampes, des vertiges, des sensations désagréables telles qu’une boule dans la gorge, des troubles intestinaux, etc. Ces symptômes sont immédiatement amplifiés et interprétés par l’hypocondriaque comme des signaux d’une maladie grave. Dès lors, rien ne parvient à le rassurer : ni les résultats d’examens médicaux ni la parole du médecin, ni même l’apaisement des symptômes car alors, de nouveaux viennent prendre le relais et occuper l’esprit du supposé malade.
Dans certains cas pourtant, l’hypocondrie peut être absolument asymptomatique. L’état de santé de la personne ne donne alors aucun signe d’alerte d’un quelconque dysfonctionnement et pourtant, cette dernière se sait souffrir d’une maladie grave et silencieuse. Il peut s’agir par exemple d’un cancer dont la personne se croit atteinte, d’une tumeur, d’une maladie sexuellement transmissible.


Quelle réponse à l’hypocondrie ?

Il peut arriver que l’hypocondriaque, devant l’absence répétée de diagnostics médicaux, perçoive la répétition de ses symptômes. Il comprend alors que la cause de son angoisse peut prendre ses racines ailleurs que dans son organisme exclusivement. En faisant ce pas de côté, il s’ouvre à de nouvelles perspectives et la possibilité d’acquérir un nouveau savoir sur lui-même. En passant la porte d’une consultation de psychothérapie ou de psychanalyse, le travail de libre association de ses pensées se présente comme une voie possible d’accès à ce savoir et avec lui, la chute des symptômes qui dominaient jusqu’alors son existence.


Chloé Blachère

Psychologue clinicienne et psychothérapeute à Paris 18ème