Il est possible de rencontrer un psychologue gratuit à Paris comme dans toute la France. Ces rencontres peuvent se faire grâce à la présence de Centres médico-psychologiques (CMP) partout sur le territoire, organisés selon un découpage géographique et en lien avec les hôpitaux publics.



Ces consultations, si elles peuvent s’avérer utiles d’une part et attrayantes d’autre part, notamment du fait de leur gratuité, comportent certains inconvénients qu’il est utile de connaître. Le principal consiste en de longues listes d’attentes qui ne permettent généralement pas de répondre à l’urgence des situations de souffrance que vivent ceux qui se tournent vers ces centres. Pourtant, cliniquement, cette souffrance est à entendre dans le présent. Elle est à entendre comme une demande qui ne perdurera peut-être pas dans le temps mais qui, bien souvent, se représentera par la suite, sous une forme identique ou différente. Cette répétition est constitutive du fonctionnement inconscient, d’où la nécessité, pour le clinicien, d’accuser réception dès le premier appel.


D’autre part, si ces prises en charge psychologiques paraissent gratuites car sans argent à régler à la fin de la consultation, ces séances ont bien un prix, qui est assumé par la société au travers de la sécurité sociale. Et le fait même de contourner cet effort – celui de « mettre la main à la poche » – peut caractériser une résistance psychique qu’il pourra être précieux d’analyser en séance.


L’argent en jeu dans le travail psychothérapeutique ou psychanalytique marque symboliquement une implication et un engagement important de celui qui a le courage de passer la porte du cabinet de consultation.
Car payer alors que ce qui conduit à consulter est une souffrance devenue insupportable, cela ne va pas forcément de soi. Cela demande même le plus souvent de faire un pas de côté. Et c’est celui-ci qui intéresse le clinicien, celui-ci sur lequel la cure va pouvoir prendre appui, comme manifestation incontestable d’un désir pour lequel l’être s’engage.


Ce qui compte avant tout, ce n’est pas la somme qu’une personne va débourser pour sa psychothérapie ou sa psychanalyse mais bien la valeur que cet argent comporte pour lui, tant au regard de ses moyens financiers que de son désir de construire une vie qui lui convienne et dans laquelle il s’investisse pleinement.

Chloé Blachère

Psychothérapeute à Paris 18è et Paris 9è