Très tôt l’inhibition a été un objet d’étude pour la psychanalyse. En 1925, Freud l’aborde dans son ouvrage Inhibition, symptôme et angoisse[1], essai dans lequel il s’applique à démêler l’inhibition du symptôme ainsi qu’à développer l’articulation que l’une et l’autre entretiennent avec l’angoisse.


L’inhibition chez Freud

Au symptôme, celui-ci confère la spécificité d’une morbidité qui ne se retrouve pas dans l’inhibition. L’inhibition concerne la fonction d’un organe. Dans ce cas, aucune lésion ou altération corporelle ou organique ne peut être imputée comme étant à l’origine du trouble observé. Il donne les exemples de la marche pour le marcheur, ou des doigts pour le pianiste ou l’écrivain, dont la fonction (celle de la marche pour le marcheur, des doigts sur le clavier pour le pianiste ou du maniement du stylo pour l’écrivain) est inhibée au point d’empêcher l’exécution de l’action désirée. Freud théorise cette observation de la manière suivante : c’est parce qu’il est associé un excès d’érotisation à l’organe que survient l’angoisse, entraînant dès lors l’inhibition de la fonction dont il est question. Cette inhibition n’a d’autre but que l’abaissement de l’angoisse. Pour Freud, une équivalence psychique peut être établie entre faire fonction de l’organe et exécuter « l’action sexuelle interdite »[2].


Les différentes formes de l’inhibition


L’inhibition est régulièrement à l’œuvre et peut revêtir des formes très variées d’une personne à l’autre. Pour l’un, elle apparaîtra sous la forme d’une inhibition à prendre la parole en public, pour un autre sous la forme d’une inhibition dans la rencontre sexuelle, pour un autre encore, dans l’inhibition des facultés intellectuelles ou bien de capacités artistiques. Toutes ces manifestations de l’inhibition, si elles peuvent œuvrer pendant des années à bas bruit sans constituer une véritable gêne dans la capacité à conduire sa vie, peuvent toutefois finir par produire une souffrance dont il peut être difficile de se dépêtrer seul. Cette prise de conscience peut être l’occasion de commencer une psychothérapie ou une psychanalyse et ainsi défaire ces inhibitions, au profit d’une construction possible d’un autre rapport à soi-même et au monde.

Chloé Blachère
Psychothérapeute à Paris 18è


[1] FREUD, S. (1925). « Inhibition, symptôme et angoisse », in Œuvres complètes, vol. XVII, Paris, PUF, 1992, pp.203-286.

[2] Ibid., p.208.