La somatisation consiste en une manifestation corporelle ou organique d’un conflit psychique souvent tenu inconscient. Si, pendant longtemps, le caractère possible de la somatisation était tenu à distance, notamment dans le champ médical, il est aujourd’hui couramment admis que la vie psychique d’un être est étroitement connectée à son corps, au point que certaines angoisses, conflits, pensées peuvent s’inviter somatiquement, trouvant dans le corps ou l’organisme un terrain d’expression qui leur permet, dans le même temps, de rester dissimulés du fait de leur caractère désagréable.


Les différents positionnements sur les connexions corps – psychisme

Si certaines écoles de psychosomatique postulent le fait qu’un défaut de mentalisation peut être directement à l’origine de maladies corporelles (eczéma, maladies de peau, rougeurs, démangeaisons, etc.) ou organiques (maladies chroniques, cancers, etc.), d’autres courants, plus nuancés et tentant davantage de s’approcher de la complexité du fonctionnement humain, indiquent l’impact du psychique sur le corporel et l’organique mais n’établissent pas un lien de causalité direct faisant passer de l’un à l’autre. Ces derniers s’intéressent donc davantage à la manière dont le psychique s’invite dans le corps et profite d’une fragilité du corps ou de l’organisme plutôt que de déterminer les raisons pouvant être à l’origine du trouble.


Concrètement, quelle forme cela prend ?

Il n’est pas rare de rencontrer des personnes qui, malgré le traitement médical et l’efficacité qui lui est reconnu, constatent des symptômes résiduels, persistants, que la médecine n’explique pas. Bien souvent, lorsque ces personnes passent la porte d’un cabinet de psychothérapie ou de psychanalyse, elles découvrent, avec surprise et parfois réticence, les signifiants venus se loger dans leur affection corporelle ou organique. Il peut s’agir de traumas anciens, de conflits psychiques actuels, de souvenirs anciens et tenus à l’écart de la conscience, d’une colère – contre eux-mêmes ou contre un autre –, d’angoisses, etc.
Même s’il ne s’agit pas là de l’objet visé par la cure psychothérapeutique ou psychanalytique, il peut régulièrement être observé, au court du traitement, une évolution des symptômes allant dans le sens d’une diminution voire d’une disparition des symptômes. En effet, lorsque des mots peuvent être mis sur ce qui fait souffrance, la nécessité de passer par le corps ou l’organisme devient moins indispensable. Et si des symptômes persistent – car les maladies organiques ou corporelles existent bel et bien – il s’agit alors que l’être puisse trouver une manière de les vivre qui ne soit plus autant coûteuse et où les symptômes corporels ou organiques ne viennent pas déterminer, à eux seuls, la façon d’exister et d’être au monde de ces personnes.


Chloé Blachère,

Psychothérapeute à Paris 18è