Parmi les personnes qui viennent consulter un psychothérapeute ou un psychanalyste, certaines aimeraient savoir plus précisément dans quelle démarche ils s’engagent et le temps que va leur prendre ce travail sur eux-mêmes.


Si certaines techniques parviennent à mettre en place des programmes de rééducation pour une problématique circonscrite, une phobie par exemple, ou une difficulté spécifique rencontrée dans le champ professionnel ou dans le cadre personnel, il n’en va pas de même en psychanalyse ou en psychothérapie avec psychanalyste. En effet, la psychanalyse part de l’observation que chez un être, le symptôme a une double fonction. Il le gêne autant qu’il le protège d’un savoir tenu inconscient et qui pourrait être menaçant s’il venait à être dévoilé sans tenir compte de la temporalité d’élaboration nécessaire propre à chacun. C’est justement pour se protéger des tentatives de suppression du symptôme qu’il est régulièrement observé une stratégie inconsciente de mise en place d’un nouveau symptôme à la place du précédent. Une personne vient pour une phobie des transports qui, grâce à un programme thérapeutique déterminé et rapide, vient à disparaitre, mais quelques temps après apparaissent des symptômes corporels, de l’eczéma par exemple, ou des douleurs localisées.



L’approche psychanalytique, en ne visant pas le symptôme en tant que tel et sa suppression à tout prix, l’accueille en séance et l’inclut dans le discours signifiant de celui qui en est le porteur. Ainsi, celui-ci peut-il être entendu et non plus bâillonné. Il est courant que cette approche produise, parfois même rapidement, une diminution voire une disparition des symptômes. Pour autant, et même si le symptôme peut être le motif de la consultation initiale, la visée clinique n’est pas d’aller au plus vite pour le faire disparaître. Cette rigueur clinique vient souvent en contradiction avec la demande formulée par le patient ou psychanalysant, qui arrive avec une souffrance mais veut repartir au plus vite, avant même que le traitement ait pu avoir lieu. Si malgré cela, celui-ci consent à prendre le temps nécessaire à la cure, il s’accorde une possibilité précieuse de construire son existence dans le respect de son être.



Finalement, l’avancée d’une psychothérapie ou d’une psychanalyse est propre à chacun. Si elle ne peut être connue par avance ni du clinicien ni du patient ou psychanalysant, ceux-ci pourront néanmoins ensemble en identifier la sortie, elle-même validée par l’examen clinique.


Chloé Blachère, psychothérapeute à Paris 18è