Il arrive fréquemment que certaines personnes ayant passé la porte de la consultation de psychothérapie ou de psychanalyse freinent de toute leur force après seulement quelques séances. Il s’agit là bien souvent d’une résistance qui trouve sa place dans le fonctionnement psychique de l’être humain.


Pourquoi une telle contradiction ?

En effet, il n’est pas rare que cohabitent, dans le même temps, un désir d’aller mieux et de régler certaines manifestations devenues gênantes (celles-ci peuvent être de nature très variée, c’est-à-dire organiques, corporelles ou psychiques et prendre la forme d’un eczéma par exemple, ou encore du psoriasis, d’une pelade, de troubles du sommeil ou de l’alimentation, d’une anxiété généralisée, de phobies, de pensées obsédantes, d’une insécurité profonde, de doutes, etc.) et une réticence à changer des habitudes de vie. Dans certains cas, toute la vie a été organisée autour du symptôme et l’appréhension que peut générer sa diminution ou sa disparition n’est pas à sous-estimer, même si consciemment la personne qui en fait l’expérience s’en défend.


Que faire face à une telle contradiction ?

L’ambivalence qui nait d’une telle démarche n’est pas à sous-estimer. Elle a d’ailleurs toute sa place en séance et demande à être associée librement aux autres pensées qui émergent dans ce contexte. En effet, le cadre clinique des séances de psychothérapie et de psychanalyse constitue la scène de conflits psychiques anciens qui prennent appui sur des événements vécus dans l’actuel. La démarche d’aller rencontrer un clinicien et de lui confier la responsabilité de sa cure provient du désir d’un être de construire son existence et d’en être sujet. Les résistances qui plus tard viennent faire obstacle à ce désir sont, elles, à placer du côté du symptôme et demandent à être parlées en séance, de sorte qu’elles puissent être examinées avec le clinicien, puis surmontées. Ainsi se trace, pas à pas, mot après mot, une autre manière de se positionner dans son existence.


Chloé Blachère, psychothérapeute à Paris 18è