La voix constitue une interface privilégiée entre le monde interne d’un être et son environnement. Elle se trouve en effet à la croisée de sa personnalité, de sa vie psychique, avec toute la conflictualité qui peut l’animer, et du monde qui l’entoure, comprenant à la fois le bain culturel qu’est le sien et les préoccupations liées à son âge (enfance, adolescence avec la mue, ménopause par exemple) et à son époque (avec les phénomènes groupaux qui peuvent s’y rapporter).

La voix évolue donc avec l’âge, et si elle vient s’articuler au langage dès le départ, elle peut également en être dissociée et de ce fait, créer chez celui qui en fait l’expérience une souffrance, celle de ne pas parvenir à s’identifier à sa propre voix, de ne pas faire corps avec elle.

Ainsi, les problématiques vocales peuvent être multiples : aphonie, dysphonie, dysphonie spasmodique, mue faussée, voix de fausset, bégaiement, voix rauque, voix trop grave, trop aigüe, trop faible, qui ne porte pas assez, chevrotante, etc.



Certains font de leur spécificité vocale une empreinte qui leur est propre, s’en accommodant jusqu’à en faire leur signature professionnelle (c’est le cas de certains chanteurs par exemple, de doubleurs ou encore d’acteurs). Pour d’autres au contraire, cette spécificité devient source d’un important mal-être pouvant provoquer inhibitions et stratégies d’évitement de certaines situations.

Ces particularités vocales ont, dans certains cas, une origine physiologique. Dans d’autres cas, cette origine est essentiellement psychique. Dans les deux cas, la rencontre avec un psychothérapeute ou un psychanalyste peut permettre de faire évoluer ce rapport conflictuel à sa propre voix. Les domaines de la vie d’un être pouvant être affectés par une telle problématique étant extrêmement larges (à commencer par les sphères professionnelle et affective), son impact est parfois très important et peut donc amplement justifier d’aller explorer, avec l’aide d’un clinicien, les ressorts psychiques qui peuvent lui être rattachés.


Chloé Blachère

Psychothérapeute à Paris 18è