Hypocondrie et nosophobie sont souvent confondues, pourtant les symptômes qui les caractérisent sont différents pour l’une et pour l’autre.


Hypocondrie et nosophobie : quelles différences ?

Une personne hypocondriaque est une personne qui est sûre d’être malade. Tous les examens médicaux peuvent être réalisés, les résultats attester de l’absence de dysfonctionnement corporel ou organique, les médecins se montrer rassurant, la personne souffrant d’hypocondrie continue d’être persuadée qu’elle souffre d’une maladie, et que celle-ci n’a simplement pas encore été diagnostiquée. Dans ce cadre, toute manifestation du corps, tout mouvement intérieur perçu comme suspect ou inhabituel se fait l’annonce d’un mal plus profond et grave. La souffrance psychique liée à l’hypocondrie peut de ce fait être très importante car de prime abord, aucune parole, aucun mot, aucun examen, aucun bilan ne peut permettre à cette peur de s’apaiser

Une personne souffrant de nosophobie, quant à elle, vit dans la peur de tomber malade tout en sachant qu’elle ne l’est pas. Cette inquiétude est donc manifeste quotidiennement et peut se montrer envahissante mais elle ne repose pas sur la conviction d’être atteint d’une maladie grave.


Les différentes formes de l’hypocondrie

L’hypocondrie prend généralement appui sur des symptômes réellement existants mais sans gravité. Il s’agit parfois de douleurs bénignes, de sensations diffuses ou localisées. Comme nous l’avons vu, ces manifestations corporelles sont alors amplifiées par l’hypocondriaque, qui les interprète de telle sorte qu’elles deviennent pour lui, de manière évidente et non contestable, l’expression d’une maladie grave. Cette forme d’hypocondrie est la plus fréquente mais il en existe une autre, dite asymptomatique. Dans ce cas, l’hypocondrie se passe d’éléments manifestes du corps et la conviction d’être malade ne repose plus sur des facteurs réellement présents. Sans dysfonctionnement corporel, la personne demeure toutefois convaincue d’être atteinte d’une maladie grave et silencieuse, dont le pronostic ne pourra être que mauvais.


La psychothérapie et la psychanalyse : des traitements adaptés à l’hypocondrie et la nosophobie

Il est parfois difficile, pour une personne hypocondriaque, de passer la porte du cabinet de psychothérapie ou de psychanalyse. En effet, la conviction que ses maux ne touchent que l’organisme ou le corps peut venir, pendant un temps au moins, masquer la souffrance psychique pouvant y être rattachée. C’est parfois au travers de la répétition que cette prise de conscience survient, ou encore au travers de remarques de l’entourage qui en fait l’observation.
Cette rencontre clinique peut être l’occasion d’explorer les éléments ayant déterminé cette angoisse, dont la manifestation hypocondriaque a d’abord poussé à investiguer les champs corporel et organique. Cette exploration du champ psychique peut avoir un impact important sur l’évolution de l’hypocondrie. Elle est rendue possible notamment grâce à l’association libre des pensées et avec le concours du clinicien en charge du traitement.


Chloé Blachère, psychothérapeute à Paris 18è