A leur grand étonnement, certains se remémorent le souvenir des différents confinements avec une forme de nostalgie.


La question du choix

Le plus souvent, cette nostalgie est rattachée à la première expérience de confinement, c’est-à-dire celle de mars 2020, au moment où la propagation du coronavirus est devenue mondiale et que les restrictions étaient les plus fortes.
Cette pensée, qui peut apparaître, pour ceux qui l’éprouvent, comme non consensuelle et gênante, révèle, chez ces personnes, le caractère rassurant qu’a pu avoir le cadre extrêmement limité des possibilités au quotidien. Parmi les règles induites par ces confinements, certains identifient par exemple que l’impossibilité de sortir en fin de journée, de s’octroyer des moments conviviaux, de partir en week-end, permettaient d’éviter d’être confronter aux choix et arbitrages habituellement fréquents dans le quotidien. Car si la question du choix, même sur des éléments pouvant paraître anecdotiques, peut apparaître minime, elle peut occasionner de la culpabilité qui elle, par son intensité, peut être difficile à supporter dans la durée.

La culpabilite en toile de fond

Cette culpabilité s’accompagne généralement d’une multitude de questionnements qui restent sans réponses et ne manquent pas de ressurgir à chaque nouvelle occasion, et de causer du tourment. Voici les formes que ces questionnements peuvent prendre : si je décline une proposition de sortie, va-t-on continuer à m’apprécier ? à me proposer des sorties ? etc.
Ces questions, d’abord issues d’une situation pouvant sembler banale, peuvent ensuite donner lieu à des questionnements plus généraux tels que : pourquoi je n’arrive pas à profiter de la vie sans me poser de questions ? Et puis quel est le sens de la vie ? A quoi ça sert de me lever chaque matin ? etc.


vers une issue possible

Dans cet interminable aller-retour de questions, dont le caractère d’auto-reproche est parfois à peine voilé, la construction d’une existence satisfaisante peut être considérablement mise à mal et limitée. L’un des effets de cette dynamique psychique est une fatigue psychique chronique qui, si elle déborde, peut également induire une fatigue corporelle. L’angoisse liée à la sensation de perte de contrôle et les efforts pour anticiper toute nouvelle situation sont repérables également.


Dans ce contexte, la psychothérapie ou la psychanalyse permet d’ouvrir un espace où les pensées peuvent être dites librement. Ce dispositif thérapeutique permet de limiter l’enfermement psychique et de construire d’autres voies possibles pour que l’avenir puisse être appréhendé d’une manière moins conflictuelle et moins angoissante.


Chloé Blachère

Psychothérapeute à Paris 18è