Devenir adulte apaise-t-il les relations conflictuelles ?

Les relations familiales, et particulièrement aux parents ne s’ajustent pas nécessairement d’elles-mêmes avec l’âge. Certaines personnes font en effet le constat que, même des années après avoir quitté le foyer dans lequel elles ont grandi, les échanges avec père et/ou mère peuvent continuer d’être dégradés. Ces relations conflictuelles ont généralement commencé à voir le jour à l’adolescence et, même si le contenu des dissensions a pu évoluer, la tonalité des échanges est restée semblable à celle de cette époque.


Ces relations peuvent-elles avoir une incidence au quotidien ?

Ce positionnement à l’égard de ses parents, même pour un être devenu adulte, peut orienter de nombreux comportements sans que celui-ci en ait nécessairement conscience. Cela peut par exemple concerner les choix professionnels, en lien avec une volonté de prouver, ou d’impressionner, ou au contraire d’apitoyer ou de se victimiser. Il peut également avoir une incidence sur les relations amoureuses et sociales, et se trouve parfois en lien avec des comportements addictifs.


Si elles sont fréquentes dans les relations aux parents, ces difficultés relationnelles peuvent également voir le jour dans les relations fraternelles, au sein desquelles des comportements de rivalité, de jalousie, de désaccords prévalent. Dans d’autres cas, c’est à l’inverse une grande proximité, voire un lien fusionnel, qui peuvent venir perturber des choix de vie, dont les conséquences peuvent s’avérer douloureuses.


qu’attendre d’une psychothérapie ou d’une psychanalyse ?

Inscrit dans une répétition qui ne semble pouvoir trouver d’alternative, ce mode relationnel peut occasionner une souffrance psychique. Le désir qui porte certaines personnes à commencer une psychothérapie ou une psychanalyse au motif de ces relations jugées par elles-mêmes insatisfaisantes met régulièrement au jour, parfois d’abord douloureusement, leur participation à ce jeu relationnel. Le faire évoluer passe par un véritable repositionnement subjectif dont les effets dépassent bien souvent les relations qui avaient occasionné la démarche. Ces transformations peuvent être remarquables pour certains et se faire à bas bruit pour d’autres. Dans les deux cas, elles sont généralement repérables dans les petites actions ou comportements du quotidien, à la manière d’interagir avec les autres, proches et moins proches.


Ce travail psychothérapeutique ou psychanalytique peut s’avérer coûteux psychiquement car il implique un certain renoncement à des fonctionnements qui, même s’ils pouvaient sembler désagréables, étaient malgré tout agrémentés d’un certain nombre de bénéfices dont toute personne n’est pas prête à se départir, ou tout du moins pas à n’importe quel moment de sa vie. Rencontrer un clinicien constitue dans ce cadre la marque du désir d’un être prêt à s’engager dans un autre rapport avec lui-même et, par extension, aux autres.


Chloé Blachère
Psychothérapeute à Paris 18è