Un certain nombre de personnes se reconnaissent dans ce qui est actuellement qualifié de personnalité hypersensible. De quoi s’agit-il ?


Caractéristiques et déclinaisons

Cette hypersensibilité émotionnelle se caractérise par une sensibilité plus accrue que la moyenne, entraînant des réactions exacerbées aux situations rencontrées. Il est courant de lire ou d’entendre qu’un certain nombre de traits comportementaux peuvent être mis en lien avec une telle personnalité : un stress important, des réactions disproportionnées, une timidité excessive, une surréaction aux émotions de l’entourage (la joie, la tristesse ou la colère par exemple), une difficulté à faire des choix, même les plus minimes, une hypervigilance, une susceptibilité, etc.


Un diagnostic, et après ?

Dans un premier temps, ce diagnostic d’hypersensibilité peut jouer un rôle rassurant. Il peut être identifié par la personne elle-même mais peut également être nommé par un professionnel consulté. Ainsi, il apparait tout d’abord réconfortant car explicatif d’un certain nombre de comportements que la personne peut ne pas apprécier et/ou ne pas comprendre d’elle-même. Le simple fait de les rattacher à une catégorie répertoriée et socialement considérée entraîne une revalorisation narcissique qui peut tout d’abord apaiser les difficultés rencontrées dans le rapport à soi-même et aux autres. Pourtant, cet effet ne dure généralement qu’un temps et ce sont le plus souvent ces difficultés qui rapidement prennent le pas et se muent en souffrance.


Quelle prise en charge pour l’hypersensibilité ?

Si le fait de qualifier un certain nombre de réactions d’hypersensibilité peut être une étape importante dans le regard qu’un être porte sur lui-même, ceux-ci font généralement l’expérience que cela ne peut suffire à régler les souffrances pouvant lui être rattachées et qui se font sentir au quotidien.
Ces souffrances sont bien souvent ce qui conduit un être à faire une psychothérapie ou une psychanalyse. Bien plus que de vivre avec ce qualificatif d’hypersensible, la démarche devient celle de construire une manière de vivre avec soi-même et parmi les autres qui ne soit plus déterminée par les souffrances mais par leur désir.


Chloé Blachère
Psychothérapeute à Paris 18è