Le syndrome des ovaires polykystiques, aussi appelé SOPK, est un trouble hormonal fréquent chez les femmes en âge de procréer. Il touche environ une femme sur dix et le diagnostic est souvent posé lorsqu’une femme essaie de tomber enceinte et rencontre des difficultés.



On lui connait un certain nombre de symptômes tels qu’une pilosité importante, une tendance acnéique, l’alopécie (chute des cheveux), mais aussi le trouble de l’ovulation, qui se manifeste par une faible, voire une absence d’ovulation, observable par des règles irrégulières pouvant aller jusqu’à une absence totale de règles (aménorrhée). Il s’agit en fait d’un dysfonctionnement concernant la maturation folliculaire qui précède l’ovulation. Ces follicules, restés immatures, finissent par s’accumuler sans que l’un d’entre eux ne se développe en ovocyte fécondable. Deux paramètres sont observés dans ce syndrome : la sécrétion excessive d’androgènes et une résistance à l’insuline.


Ce diagnostic, souvent posé lorsqu’une femme essaie de tomber enceinte et rencontre des difficultés à l’être, peut venir perturber son désir de devenir mère. Le discours médical encourage généralement, dès la découverte du trouble, le recours à une assistance médicale, même s’il arrive que des femmes tombent enceinte naturellement alors que le diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques a été posé. En effet, il existe une grande disparité dans les formes que peut prendre le SOPK. L’introduction du corps médical dans le projet d’enfant vient bousculer à la fois l’imaginaire qui l’accompagne, et la temporalité avec lequel il est pensé. D’un projet comportant sa part d’énigme, il devient assisté par une instance extérieure et contrôlé au jour près. En effet, dès l’identification du syndrome, le projet de grossesse se transforme bien souvent en une course contre la montre, course médicale qui laisse peu de respiration pour penser son désir.



Tous ces facteurs sont, pour certains futurs parents, difficiles à assimiler psychiquement. Ils peuvent être la source d’anxiété, de doutes, de rationalisations, parfois de symptômes dépressifs (perte d’appétit, troubles du sommeil, dépréciation, isolement, idées noires, etc.).



La tension qui nait entre, d’un côté, le désir d’être mère et, de l’autre, le symptôme organique, peut devenir le lieu de conflits internes qui étaient jusque-là supportables, parfois même silencieux. Plutôt que de s’y trouver enfermée, cette souffrance peut être parlée dans le cadre d’une psychothérapie ou d’une psychanalyse et, associée librement en séance, elle peut permettre de construire un autre rapport à soi-même qui ne soit plus articulé par la souffrance.



Chloé Blachère
Psychothérapeute à Paris 18è