Nombreuses sont les personnes qui prennent contact avec un clinicien, le plus souvent un psychologue ou un psychothérapeute, avec le projet de régler certains aspects de leur vie dont ils ne se satisfont pas et auxquels une souffrance psychique peut être associée. Ils attachent à leur démarche la volonté d’aller mieux, de trouver une solution au problème qu’ils rencontrent.



Dans une telle perspective, les premières séances de psychothérapie peuvent être déroutantes. En effet, la prise de conscience de racines, généralement bien plus anciennes que les éléments qui avaient conduits à entreprendre une telle démarche, est pour certains inédite.



Pour d’autres, des liens peuvent être déjà faits entre des situations présentes et passées, sans pour autant qu’ils permettent de faire évoluer le phénomène de répétition souvent constaté, et la souffrance éprouvée.


Dans un cas comme dans l’autre, c’est notamment l’observation de l’indication initiale énoncée par le clinicien, à savoir parler et associer librement ses pensées en séances, qui permettra de construire un chemin alternatif à celui de la souffrance. L’exploration qu’une telle entreprise nécessite ne se fait pas sans embuches, dont les facettes peuvent être multiples. Ces difficultés peuvent par exemple trouver un terrain d’expression au travers d’une volonté de rentabilité du travail engagé, qui laisse peu de place à la découverte, tout comme la volonté de maîtrise du processus psychothérapeutique qui, là encore, vient limiter tout mouvement psychique permettant l’exploration d’un savoir inconscient.



On retrouve finalement ces difficultés qui parsèment le déroulement d’une psychothérapie ou d’une psychanalyse sous le nom de résistances psychiques. Il s’agit là de « Tout ce qui fait obstacle au travail de la cure, tout ce qui entrave l’accès du sujet à sa détermination inconsciente. » [1] Ces résistances, mises au jour très tôt par Sigmund Freud, regroupent des manifestations variées parmi lesquelles le silence en séance, ou la projection, qui correspond à l’« opération par laquelle le sujet expulse de soi et localise dans l’autre, personne ou chose, des qualités, des sentiments, des désirs, voire des « objets », qu’il méconnaît ou refuse en lui. » [2]



Ces résistances peuvent parfois demander du temps à être perçues comme telles. Elles ne constituent en rien un obstacle au bon déroulement de la cure et participent d’ailleurs au travail, même si elles peuvent avoir un coût psychique auquel la personne entrant en psychothérapie ou en psychanalyse ne s’attendait pas.


[1] Chemama, R., Vandermersch, B. Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Larousse, 2005.
[2] Laplanche, J., Pontalis, J.-B. (1967). Vocabulaire de la psychanalyse, Paris, PUF Quadrige, 2009.


Chloé Blachère
Psychothérapeute à Paris 18è