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Il arrive régulièrement que des personnes en souffrance manifestent une forme de familiarité à l’égard du clinicien à qui ils ont choisi de confier leur cure. Cette familiarité peut passer par le fait de le prénommer, voire même de le tutoyer, ou encore de lui poser des questions sur lui et sur sa vie. Toutes ces manœuvres les éloignent pourtant de ce qui initialement les a initialement conduites à venir.



Si une forme d’identification à un modèle américain est présente, nourrie par les séries et les films, elle peut également être lue comme une défense contre les angoisses qu’éveille le transfert en psychothérapie ou en psychanalyse. Si, au contraire d’inviter le patient ou le psychanalysant à associer librement ses pensées en séances, le clinicien répond à ces familiarités, il quitte la position clinique pour laquelle celui qui souffre est venu le trouver.


La distance qu’est celle du clinicien ne signifie pas qu’il est insensible mais simplement qu’une réserve s’impose. Cette réserve permet d’ouvrir le champ de la parole et des associations libres, à distance des jugements, avis, projections, conseils, qui sont régulièrement distribués, tant par l’entourage que par le discours social, et parfois même par des professionnels de santé. Dans le champ clinique, le risque, à répondre à l’invitation d’une familiarité formulée consciemment ou inconsciemment par le patient ou le psychanalysant, est de contribuer à charger d’affect et à favoriser la mise en place d’une relation de dépendance, là où il s’agit précisément, pour l’être en souffrance, de s’alléger et, au fur et à mesure de sa cure, d’être en mesure de construire sa vie, en faisant les meilleurs choix pour lui-même.



Pour certains, cette position de réserve éveille tant d’angoisse qu’elle génère une sensation d’antipathie, ou bien un sentiment d’abandon de la part du clinicien. Il est alors précieux de mettre ces éléments au travail des associations libres, dans le cadre des séances, telle une occasion d’en savoir davantage sur soi-même et sur la manière dont, dans sa vie, une telle appréhension s’est progressivement tissée dans son rapport à l’autre.


Chloé Blachère
Psychothérapie et psychanalyse à Paris 18è