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L’aplasie utéro-vaginale, aussi appelée syndrome MRKH (pour Mayer-Rokitanski-Kuster-Hauser), est une malformation congénitale rare. Elle correspond à l’absence, chez une femme, d’utérus et d’une grande partie du vagin. Il s’agit d’un syndrome rare dans la mesure où il touche environ une personne de sexe féminin sur 4500. Il est généralement diagnostiqué à l’adolescence, lorsqu’une jeune fille présente une aménorrhée sans autres troubles pubertaires. Il peut l’être également, plus rarement et précocement, à l’occasion d’un autre examen médical.



Si la prise en charge médico-chirurgicale est déterminante pour informer et accompagner à propos de la situation et de son devenir d’un point de vue corporel et organique, les répercussions psychiques d’un tel diagnostic sont également importantes à considérer, à commencer par les équipes médicales qui ainsi pourront faciliter l’orientation de leur patiente et de son entourage.



En effet, l’annonce d’une aplasie utéro-vaginale peut être vécue difficilement par la personne directement concernée, venant parfois soulever de nombreuses questions telles que : pourquoi est-ce que cela m’arrive à moi ? Pourquoi cette partie du corps ? Quel rapport avec ma féminité ? Quelle pourra être ma vie sexuelle ? Vais-je devoir être opérée ? Pourrai-je avoir des enfants ? Est-ce que je suis normale ?



Cette annonce peut également être difficile à vivre pour les parents, particulièrement la mère, pour laquelle un vécu de culpabilité peut faire surface, au point de devenir étouffant.



Pour les uns comme pour les autres, rencontrer un clinicien à qui parler librement ses pensées, sans que celui-ci ne soit ni dans le jugement ni dans les conseils, permet que cette difficulté à vivre un tel diagnostic et ses répercussions puisse être parlée et progressivement traversée, sans que les angoisses, peurs, colères, inquiétudes, désespoir, interrogations, culpabilité, honte, etc. ne soient adressés frontalement aux personnes de son entourage. En effet très souvent, c’est parce que les pensées qui s’imposent sont trop difficiles à exprimer qu’elles sont tues ; c’est la crainte qu’elles ne blessent ou n’encombrent les autres qui fait préférer le silence. Pourtant, celui-ci peut avoir des effets psychiques dévastateurs, même s’ils ne sont pas perçus tout de suite. La psychothérapie se présente alors comme une alternative au silence, une possibilité pour un être de construire son existence tout en considérant et en intégrant à sa vie le diagnostic qui médicalement a été posé.


Chloé Blachère
Psychothérapie et psychanalyse à Paris 18è