Les problèmes de sommeil peuvent être divers, des difficultés à l’endormissement aux difficultés au réveil, en passant par les réveils multiples, ou encore caractérisés par une activité onirique importante et perturbante. Ces problèmes peuvent être liés à un événement spécifique et circonstanciel (un deuil, une séparation, ou encore des difficultés au travail) ou se présenter de manière durable, comme la conséquence d’une angoisse plus profonde dont l’objet n’est pas spécifiquement déterminé.
Sans traitement, les problèmes de sommeil ont généralement tendance à se chroniciser. Les traitements, eux, peuvent être de diverses formes, médicamenteux ou non. Ils vont viser la forme ou le fond.
Lorsqu’ils visent la forme sans en chercher les causes, ce sont le plus souvent des traitements médicamenteux qui vont être prescrits. Or, et s’ils produisent des effets qui peuvent être précieux lorsqu’une personne se trouve dans une situation critique par rapport au sommeil, ils permettent de rétablir le sommeil sans pour autant agir sur les causes ayant entraîné les problèmes de sommeil. Le risque est alors que, sans action parallèle complémentaire, le sommeil se dégrade à nouveau à l’arrêt du traitement.
Aussi, qu’il y ait prise de médicaments ou non, une question se révèle être déterminante dans le rapport qu’un être entretient avec lui-même et ce symptôme avec lequel il a affaire. Cette question peut être formulée de la manière suivante : pourquoi ai-je des problèmes de sommeil ? Pour autant, poser la question ne suffit pas à en trouver d’emblée la réponse. Il s’agit en effet d’une question formulée consciemment, là où les éléments qui peuvent conduire à l’émergence d’un symptôme peuvent être des motifs inconscients, qui échappent de ce fait à une logique explicative.
Devant un tel constat, la méthode d’association libre des pensées permet d’entreprendre cette exploration en déjouant les logiques de la compréhension qui toujours se situe dans un registre moïque conscient.
Dans bien des cas, les pensées participent d’ailleurs activement aux difficultés de sommeil et viennent encombrer le dormeur en le maintenant éveillé.
Aussi, commencer une psychothérapie ou une psychanalyse permet d’ouvrir un espace au sein duquel les associations libres de pensées vont pouvoir se déployer à partir de cette question inaugurale et, du même coup, circonscrire la cogitation qui sinon peut avoir tendance à s’immiscer dans les différents moments du quotidien (de jour comme de nuit).
C’est ainsi que progressivement, séance après séance, au moyen des associations libres du patient (en psychothérapie) ou du psychanalysant (en psychanalyse) et de l’écoute du clinicien, les représentations inconscientes vont être amenées à refaire surface : colères, insatisfactions, rancœurs, inhibitions, etc. Leurs liens avec les problèmes de sommeil pourront progressivement être dénoués et produire des effets durables sur la qualité du sommeil.
Docteur Chloé Blachère
Psychothérapie et psychanalyse à Paris 18è
