L’hyperphagie correspond à l’ingestion d’une grande quantité d’aliments dans un court laps de temps et ce, de manière répétée. Cette ingestion massive échappe au contrôle du Moi qui, même s’il a conscience de la dimension excessive de son comportement, ne parvient pas à le raisonner et à en empêcher l’exécution. Aussi cela prend-il la forme d’une compulsion à manger, un passage à l’acte qui s’impose et qui le rend très difficile à maîtriser. « C’est plus fort que moi », « je mange malgré moi », ces expressions témoignent du conflit inconscient qui est à l’œuvre dans ce comportement excessif et qui, faute d’être reconnu par le Moi, est agi à travers ce comportement hyperphagique.
Ces expressions témoignent par ailleurs du fait que ce symptôme débordant le Moi, il n’est pas possible de le régler en faisant appel à lui sous la forme d’une rééducation du comportement, en en attendant des résultats au long cours. Par conséquent, régimes, planning, ou encore conseils, auront davantage tendance à être culpabilisants qu’à produire des effets dans la durée s’ils ne sont pas associés à un traitement concernant les racines inconscientes de la mise en place de ce symptôme, dont les contours sont déjà plus ou moins perceptibles par la personne souffrant d’hyperphagie.
Ce traitement peut être réalisé au moyen de la méthode d’association libre des pensées, au cours d’une psychanalyse ou d’une psychothérapie avec psychanalyste. Cette méthode permet aux pensées et aux signifiants refoulés de faire retour dans le discours du patient ou psychanalysant. Bien loin de la manière habituelle de parler, qui consiste à expliquer, comprendre ou encore décrire, l’association libre vise précisément à se départir de la censure habituelle du moi, qui opère un tri entre ce qui est pensé et ce qui est dit, en fonction de ce qui lui semble intéressant, pertinent, utile, en un mot en fonction de son jugement sur ces pensées. Cette méthode permet progressivement de dévoiler la fonction que joue le symptôme d’hyperphagie pour la personne qui en souffre.
Il y a à l’œuvre dans l’hyperphagie une difficulté à accepter le manque et la privation dont découle une colère que la personne retourne contre elle-même, sous forme de punition, et à laquelle vient s’articuler de la culpabilité plus ou moins consciente. L’association libre des pensées permet que puisse progressivement être mis en mot le conflit psychique jusqu’alors tenu inconscient. Ce travail a pour effet que celui-ci ne soit plus agi mais parlé, puis résolu. Car ce qui est agi, en dépit des discours qui peuvent chercher à en minimiser les effets pourtant néfastes dans le temps pour l’organisme, c’est la dimension de destruction que comporte l’hyperphagie.
Si vous souffrez d’hyperphagie, vous pouvez prendre rendez-vous sur Doctolib ou en appelant directement au 06 98 06 77 15, ou consulter cette liste de cliniciens formés à la méthode psychanalytique d’association libre des pensées.
Docteur Chloé Blachère
Psychothérapie et psychanalyse à Paris 18e
