Le coût d’une psychothérapie ou d’une psychanalyse est régulièrement mis en avant comme pouvant être un obstacle à la mise en place du traitement.
Il est vrai qu’un certain nombre de psychistes (psychologues, psychothérapeutes, psychiatres, psychanalystes) indiquent des honoraires fixes qui ne sont pas toujours compatibles avec les possibilités financières de la personne souffrante qui souhaite consulter.
Le dispositif nommé CPP – Consultation publique de psychanalyse – vise à permettre à toute personne en souffrance et qui a le désir d’engager un traitement psychique de régler ses séances selon ses moyens. Il lui est demandé que cet effort financier soit articulé à la valeur qu’il accorde à sa parole, de sorte que la question du règlement des séances participe du traitement psychique. Cette proposition clinique avec laquelle travaillent certains cliniciens offre la possibilité aux êtres qui s’en saisissent de compter avec leur désir en prenant d’abord appui sur le désir de l’autre, ici le psychiste qui formule cette proposition, et de se mettre au travail de la construction de leur subjectivité sans attendre le moment hypothétique où leur finance le leur permettront. Ce dispositif leur permet par ailleurs de s’engager avec eux-mêmes en en assumant le prix – celui qui est tenable pour eux et qui peut être amené à évoluer au fur et à mesure que la cure avance – plutôt que d’en faire supporter l’entièreté aux institutions publiques par ailleurs saturées de demandes de soins et sans capacité d’y répondre favorablement dans des délais raisonnables. Il en va de même sur le remboursement des séances par la sécurité sociale ou par les mutuelles où la valeur de la parole dite et associée librement en séance se voit symboliquement amputée d’autant qu’elle est supportée par l’un de ces organismes. Car en effet, la responsabilité d’un être et la construction de son désir à partir des signifiants passe aussi par le fait qu’il puisse assumer de payer son traitement. La portée symbolique de cette articulation se voit trop souvent négligée.
C’est donc en considérant ce savoir clinique tout en prenant en compte la réalité financière des personnes en souffrance désireuses d’engager un traitement psychique qu’est née cette proposition, qui a fait et continue de faire ses preuves cliniquement. Avec cette proposition de la CPP de régler selon ses moyens sans compter avec l’aide d’un autre, qu’il s’agisse d’une personne, d’une institution ou d’une entreprise, le traitement se voit être engageant sans pour autant devenir accablant.
Docteur Chloé Blachère
Psychothérapie et psychanalyse à Paris 18è
