Pourquoi la durée d’une séance chez un psy devrait-elle être nécessairement fixe ? Et si la qualité du travail psychothérapeutique ne dépendait pas du temps passé en séance ?


Certains proposent des séances de 20 minutes, d’autres de 30, d’autres encore de 45 minutes, voire même d’une heure. Chez le « psy », chacun s’attend à ce que les séances durent un temps déterminé, comme si ce critère était garant de la qualité du travail réalisé. Pourtant, prendre sa montre comme boussole n’assure en rien la bonne direction d’une psychothérapie, dont la visée est la réduction, voire la disparition de la souffrance.


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Au même titre que le médecin s’applique, lors de son examen clinique, à identifier les symptômes pour pouvoir les soigner, le psychothérapeute opère cliniquement à partir de la parole du patient. L’un comme l’autre se repèrent par les manifestations du patient et non par la durée de la consultation. Dans l’approche développée par Jacques Lacan, la visée du psychothérapeute ou du psychanalyste est de faire ressortir les éléments signifiants du discours de la personne. Sans cette ponctuation, ceux-ci risqueraient de se noyer dans un flot de paroles. Ce sont donc ces mots qui guident le psychothérapeute et l’autorisent à suspendre la séance à un certain moment.


A première vue, il peut paraître rassurant de connaître à l’avance la durée des séances. Pourtant, si la démarche de faire une psychothérapie prend racine dans un profond désir d’aller mieux et de moins souffrir, l’important n’est alors plus la durée des séances mais bien leur qualité.

Chloé Blachère,
Psychologue à Paris 18e et Paris 9e