Les difficultés que certaines personnes rencontrent avec leur voix peuvent être variées. Elles peuvent transparaître tant au niveau verbal (lapsus, manque du mot, bégaiement, etc.) qu’au niveau vocal (dysphonie, tremblements, mue faussée, etc.).


On parle de mue faussée lorsqu’une personne a gardé sa voix d’enfant alors que sa puberté s’est produite. Dans ce trouble, aucune raison organique ne vient expliquer cette impossibilité de parler avec sa voix muée. En effet, le bilan médical ne révèle aucune malformation ou affection pouvant en être la cause. Certaines personnes souffrant de mue faussée parviennent même, dans certains contextes particuliers, à utiliser leur voix muée.


La voix, restée immature, est restée fluette et aiguë chez l’homme ou la femme qui souffre d’une mue faussée. Cette voix entraîne un décalage avec l’image renvoyée par le corps, celle d’un corps sexué, parfois depuis des années puisque la mue faussée, si elle fait son apparition au moment de la puberté, peut perdurer longtemps, voire toute une vie.


Sans explication physiologique, la mue faussée peut être considérée comme un symptôme psychogène. Dès lors, la question se pose de savoir en quoi le corps qui parle, au travers du registre vocal de la voix, peut prendre le relais du langage et faire entendre les conflits psychiques d’une personne. La voix, dans sa dimension individuelle mais aussi sociale, et par-delà tous les désagréments –voire la souffrance – qui peuvent lui être associée, devient alors le théâtre des conflits internes de cette personne.


Ces conflits sont propres à chacun, en lien avec son histoire et sa singularité. Dans ce contexte, s’engager dans une psychothérapie ou une psychanalyse peut constituer une réponse à la souffrance que génère la mue faussée.



Mai 2019

Psychologue psychothérapeute à Paris 9e et Paris 18e