L’ambivalence face au confinement

Ces expériences inédites de confinement produisent chez certains un effet inattendu de soulagement. En effet, même s’il peut coexister une anxiété liée au contexte sanitaire et économique incertain que nous traversons, le principe-même d’être astreint à rester à domicile et de ne pas engager de rencontres sociales est vécu par ces personnes comme reposant.


La gestion des relations

Ce constat met en exergue le conflit que peut produire habituellement – même si habituellement il passe inaperçu – la rencontre avec un autre. En effet, ne pas avoir à prendre l’initiative d’une rencontre, même avec des personnes proches, ne pas avoir à répondre à leurs invitations, ne pas avoir à poser les limites d’un temps à leur consacrer et leur balance avec les moments pour soi-même produit un effet de soulagement d’abord réconfortant.

D’abord car cet effet inattendu met la lumière sur un fonctionnement qui préexistait à cette période que nous vivons et dont tout porte à croire qu’une fois le confinement levé, il redeviendra source de conflits internes, même s’ils le sont à bas bruit.


Les ressorts psychiques de la relation à l’autre

La rencontre avec l’autre entraîne une multitude d’émotions parmi lesquels la tendresse et l’agressivité peuvent bousculer le relatif équilibre construit par une personne, dans la manière dont celle-ci a organisé sa vie. Lorsqu’elles ne parviennent à être régulées, ces émotions peuvent submerger un être et occasionner d’autres mouvements psychiques tels que la culpabilité, la honte, la colère, l’irritation, la gêne, l’excitation, etc. Le conflit interne qui leurs sont rattachés est coûteux et peut entraîner des difficultés tant personnelles que professionnelles. Même si elles ne sont pas immédiatement identifiables, les sources sont généralement antérieures aux situations qui ne font qu’actualiser la problématique en jeu. Rencontrer un clinicien peut constituer l’occasion de démêler ces différentes situations et d’initier un autre rapport à l’autre.


Chloé Blachère

Psychothérapeute à Paris 18è