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Quelques repères concernant l’émétophobie

L’émétophobie correspond à la peur irrépressible de vomir ; elle correspond également à la peur de se retrouver dans une situation dans laquelle il est question de vomi.


Cette peur conduit bien souvent la personne émétophobe à restreindre sa vie sociale, notamment en multipliant les conduites d’évitement. La vie se trouve dès lors rythmée par cette peur, venant concentrer une angoisse éprouvée initialement de manière diffuse dans cet objet en particulier, de sorte à la circonscrire.

En effet, comme c’est le cas dans la phobie en général et d’une manière qui peut paraître initialement contre-intuitive, l’objet élu par le comportement phobique permet dans une certaine mesure de donner un sentiment de maîtrise, vécu comme apaisant. Ainsi, plutôt que d’éprouver une angoisse non localisée et sans objet, celle-ci puisse être contenue et repérable dans un objet – ici le vomi.

Par ailleurs, ce symptôme, s’il se retrouve chez un certain nombre de personnes, s’inscrit toujours dans une histoire singulière qui est à prendre en considération dans un contexte de soin. Sur ce sujet, je renvoie le lecteur à l’article d’Aubène Traoré consacré à ce sujet.


Quel traitement pour une émétophobie ?

C’est pourquoi travailler uniquement la face émergée du symptôme – ici l’émétophobie – sans prendre en considération ce qu’elle recouvre annonce le fait que si ce symptôme chute au moyen d’une technique d’intervention brève, il ne tardera pas à venir se représenter sous une autre forme.



Le travail psychique qui peut être mené en psychanalyse ou en psychothérapie avec psychanalyste vise, au moyen des associations libres de pensées, à approcher l’angoisse jusqu’alors voilée tout autant que représentée à travers la phobie. Les fantasmes inconscients qui lui sont rattachés peuvent parfois demander des années à éclore à la conscience. Et pour autant cette temporalité, qui tient compte de la fonction psychique du refoulement, est à considérer à la hauteur de la protection que celui-ci constitue psychiquement. C’est le respect de cette temporalité psychique qui permet au symptôme de chuter le moment venu, sans qu’il ne soit plus nécessaire aux motifs inconscients qu’il venait représenter de faire retour sous une autre forme, qu’elle soit phobique ou toute autre.


Docteur Chloé Blachère
Psychothérapie et psychanalyse à Paris 18è