La parcoprésie, aussi appelée syndrome de l’intestin timide, correspond à une peur phobique de déféquer en présence, réelle ou supposée, d’autrui.
Les conséquences de la parcoprésie, directes et indirectes, peuvent être multiples et concernent divers registres, à savoir le psychique, le corporel, voire l’organique en cas d’atteinte d’organes. Quand elles sont corporelles ou organiques, ces répercussions peuvent être de l’ordre du blocage de la digestion par exemple, ou encore de la constipation ou d’une irritation du côlon qui peut entraîner une inflammation des tissus.
Les pensées et affects associés à cette peur peuvent avoir vu le jour dans l’enfance puis avoir perduré, poussant celui ou celle qui en souffre à multiplier les stratégies d’évitement de situations dans lesquelles elle pourrait ressurgir. Pour autant, cela n’est pas toujours possible et l’inconfort psychique causé par la possibilité qu’une telle situation ne soit pas évitable conduit certains à restreindre considérablement leur vie, au point d’en limiter grandement les possibilités.
Dès lors, le travail, la vie à plusieurs, les vacances dans un habitat partagé, des projets insolites et non planifiés, en viennent à être investis ou non en fonction de ce syndrome. De la même manière, le temps passé avec un nouveau partenaire amoureux par exemple, de même que le temps partagé avec des connaissances, des collègues, des amis ou encore de la famille, peut être régi par des préoccupations telles que l’accès aux toilettes, la gestion des odeurs et des bruits en lien avec la défécation.
L’angoisse qui est éprouvée par les personnes souffrant de parcoprésie peut être intense et s’accompagner de gêne, voire de sentiments d’humiliation ou encore de honte. Cette angoisse trouve généralement sa source dans un rapport à soi-même et autrui qui n’est d’abord pas circonscrit aux situations en lien avec la défécation mais qui y a ensuite trouvé son lieu d’expression privilégié.
Pour certaines personnes qui souffrent d’une parcoprésie, cette affection est perçue comme une occasion d’explorer plus avant ce rapport à eux-mêmes tout comme leur rapport à autrui, tels que l’un et l’autre se sont tissés depuis le début de leur vie. Il n’est pas rare qu’une telle démarche, décentrée de cette question initiale de parcoprésie, finisse tout de même par produire des effets sur cette question elle-même, dès lors que ce qui y était en jeu et tenu inconscient vient à être dénoué aux moyens des associations libres de pensées au cours des séances de psychothérapie ou de psychanalyse.
Docteur Chloé Blachère
Psychothérapie et psychanalyse à Paris 18è
